Elena Torri - Benoît XVI contre les préservatifs - Quelques réflexions |
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Du point de vue catholique, on pourrait mettre au jour deux aspects.
Remarquons que dans ses discours, Benoît XVI souligne la base anthropologique, et pas simplement religieuse, de la position qu’il exprime rendant ainsi accessible son message à un public plus vaste. Par rapport au thème spécifique, il serait certainement souhaitable que l’Église revoit certains aspects de sa morale sexuelle, poursuivant un chemin ouvert avec le VaticanII. Comme le remarquait Ratzinger à l'époque du concile, l'éthique matrimoniale classique proposée par l'Eglise est plus ancienne que chrétienne: elle est débitrice de la conception stoïque de la relation homme-femme, orientée par le finalisme de la propagation de l'espèce. Ratzinger lui-même en parlait comme du « poison de l'antiquité » et remarquait avec joie que la constitution concilaire Gaudium et Spes a opté pour une mutation linguistique par rapport à cette image simplement naturalistique du mariage. Pour sa part, le théologien allement suggérait que l'éthique matrimoniale ne doit pas être dominée par la pensée de ce qui est « naturel » mais par la référence à la Parole de Dieu et sa responsabilité face au conjoint, aux enfants, à la communauté 1Cfr. J. RATZINGER, Problemi e risultati del concilio Vaticano II, Queriniana, Brescia 1967, pp. 131-134. . La grande catéchèse sur « l’amour humain dans le plan divin »2 JEAN-PAUL II, Homme et femme Il les créa. Une spiritualité du corps, Cerf, Paris, 2004. Cf. Y. SEMEN, La sexualité selon Jean-Paul II, Presses de la Renaissance, Paris, 2004. tenue par Jean-Paul II pendant les audiences du mercredi (du 1979 à 1984) et la première partie de l’Encyclique de Benoît XVI « Deus caritas est », où on parle du rapport entre l’éros et l’amour (agapè), sont deux exemples d'un changement de perspective en la matière. Sonc poursuivant dans cette direction, l'Eglise pourrait développer une réflexion sur la vocation chrétienne spécifique de la relation conjugale au sein de la société et quitter finalement une éthique des préceptes sexuels qui dit peu de l'homme « à image de Dieu ». |


