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Une lecture intégrale de la réponse est nécessaire pour pouvoir mieux appréhender la position de Benoît XVI et l’analyser avec plus de fondement, de nuances et, pour tout dire, d’honnêteté intellectuelle. En effet, les journalistes ont sélectionné certaines questions, entre toutes celles qui avaient été proposées, afin que les réponses puissent constituer, dans l’ensemble, un « discours assez complet » (cr. le texte complet sur le site www.vatican.va). Faire abstraction de cet ensemble signifie nécessairement renoncer à une bonne compréhension de la position du Vatican sur la question du sida, et à verser dans la recherche du scandale à bon marché.
Les clés de compréhension de la réponse de Benoît XVI sur le problème du sida, se retrouvent à différents endroits dans le texte de l’entretien.
Très intéressantes, pour notre sujet, sont les affirmations de Benoît XVI à propos de la crise économique. Là aussi, comme dans le cas du sida, se confrontent deux types de solutions : l'une purement économique, l’autre morale et spirituelle.
Dans sa réponse, le Pape déclare que le « programme religieux, de foi, de morale » catholique, dont il est porteur, ne se substitue pas à « un programme politico-économique », ni à la « solidarité internationale », mais représente une « contribution essentielle au problème». Donc les deux analyses (aspect matériel et moral de l’aide) ne s’excluent pas l’une l’autre. Néanmoins, le « programme religieux, de foi, de morale » apparaît au Pape comme « essentiel » et prioritaire.
L’argumentation, mieux développée ici qu’à l'occasion de la réponse sur le problème du sida (et pourtant, en forte analogie), est la suivante : Benoît XVI affirme que « le cœur véritable » de la crise a été le « manque d'éthique dans les structures économiques » et l’idée qui la sous-tend: l'absence d'éthique au sein du système économique. À l’opposé, Benoît XVI considère l’éthique comme un élément intérieur à l'économie, au point que celle-ci « ne fonctionne pas » sans la demiension éthique. De la sorte, le Pape croit pouvoir apporter une grande contribution au problème « en parlant de Dieu et en parlant des grandes valeurs spirituelles qui constituent la vie chrétienne », valeurs qui peuvent changer l’attitude des hommes, et donc « renouveler le système économique de l'intérieur ».
L’analogie du raisonnement par rapport à la question du sida (transmission et soin) est manifeste : ici aussi, « le cœur véritable » du problème réside pour le Pape dans l’attitude éthique humaine, face à laquelle la distribution des préservatifs et l'aide financière ne constituent que des palliatifs, et non des solutions fermes et définitives. Par précision il faut remarquer que dans sa réponse, Benoît XVI n’exclut pas de façon tranchante la validité de l’usage de préservatifs dans la lutte contre le sida, mais nie qu’ils puissent constituer, en eux-même, une véritable solution au problème. Dans son discours aux journalistes du 18 mars 2009, le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a souligné que Benoît XVI visait plus à combattre l’« idéologie de la confiance absolue dans le préservatif », que son usage même.
Si l'on suit cette logique, la seule vraie solution passerait par l’ « élément éthique » de la relation sexuelle et du soin. Ainsi, le Pape défend « une humanisation de la sexualité, c'est-à-dir un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un envers l'autre ». De même, il prône « une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent ». Il s’agit d’une vraie conversion d’esprit, d’« âme », d’habitudes qui n’est certainement pas la solution la plus rapide. Pourtant, dit le Pape, elle est praticable ; ou mieux, elle constitue « la réalité la plus efficace ».
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