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Cette rubrique vise, par les articles de nos collaborateurs, à analyser plus en profondeur les sujets de l'actualité religieuse mondiale, au-delà d'effets médiatiques qui se révèlent parfois un peu trop empressés.

Elena Torri - La levée de l'excommunication - La recherche d'unité

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Priorité, face à la sécularisation de la société

Au-delà des références aux Écritures et à l’expérience récente et commune de l’Église, le dialogue que le pape entreprend avec ceux qui lui reprochent son geste de réconciliation est particulièrement intéressant. Selon les critiques, la recherche de l’unité avec ces évêques ne constituerait pas actuellement une priorité, étant donné le défi plus urgent qu’est la « disparition de Dieu de l’horizon des hommes ». À cela le Pape répond que, justement face à ce défi, la recherche de l’œcuménisme devient maintenant, encore plus que dans d'autres périodes historiques, une priorité pour tous les chrétiens 3Dans la même direction se situe, aux yeux de Benoît XVI, le dialogue interreligieux, afin que « tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière »., parce que « leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu’ils disent de Dieu ». L’unité des croyants (y compris ceux envers lesquels l’exclusion et la « haine » était tranquillement acceptée et retenue justifiée, comme c’était le cas des chrétiens de la Fraternité Saint-Pie X) apparaît dans cette lettre comme une condition sine qua non d’un véritable témoignage de foi.

Le dialogue comme antidote à l’intolérance et au subjectivisme est signe d’un bon usage de la liberté

L’invitation au dialogue sérieux avec les positions différentes (signifiée par la levée de l’excommunication), unie au sévère rappel à l’unité, n’étonne pas ceux qui connaissent Benoît XVI : la recherche de la véritable essence du catholicisme à travers la confrontation avec l’autre caractérise depuis sa jeunesse la pensée de Ratzinger, qui a été un théologien actif entre les lignes réformatrices du Vatican II et Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et qui conserve encore aujourd’hui, en tant que Pape, cette particulière (et sans doute difficile à garder) position d’ouverture modérée, entre courage de l’innovation et fidélité à la tradition.
C’est pour cela que pour Benoît XVI l’intolérance et le refus du dialogue face aux positions religieuses différentes n’est pas moins préjudiciable que le subjectivisme et l’individualisme en matière de foi. En effet à ses yeux il s’agit des deux faces d’une même médaille : le mauvais usage de la liberté.

Vers la fin de sa lettre le Pape ne laisse de toucher, même si brièvement, ce thème difficile qui constitue la pomme de la discorde tant envers les traditionalistes qu’envers les progressistes. Benoît XVI rappelle que dans l’Église la liberté ne doit pas devenir le point de départ de la désunion (souvent au nom de la démocratie) mais l’occasion de l’exercice de la charité, de la recherche d’unité et de la confiance.