L'orthodoxie - Historique - L'avènement première partie |
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Dans cette histoire, la Russie s’est convertie à l’orthodoxie au Xe siècle. Auparavant, limités à un territoire qui s’étend de Novgorod, au Nord, jusqu’à Kiev au Sud, les Russes, composés de peuples slaves, pratiquaient des cultes païens. Leur territoire avait été conquis successivement par les Scythes, l’alliance entre les Slaves et les Varègues (Normands), avec comme capitale Kiev, et le premier schisme entre les Églises de Rome et de Byzance provoqué par Photios. C’est en 986 que le grand-duc Vladimir consacra la conversion définitive des Russes à l’orthodoxie. D’après la Prime Chronique, texte anonyme qui relate, d’une façon légendaire, l’histoire de la Russie depuis les origines jusqu’au début du XIIe siècle, les délégués de plusieurs religions tentèrent de convertir Vladimir à leur foi. Aux Khazars qui lui présentaient les vertus du judaïsme, il demanda pour quelle raison les Juifs avaient perdu Jérusalem. Leur réponse, qui attribuait aux péchés de leurs ancêtres la dispersion des Juifs, ne garantissait pas à ses yeux l’espérance pour une nation. Aux Bulgares qui lui promettaient que Mahomet accorderait à chaque homme de nombreuses femmes après sa mort, mais à condition de ne pas boire de boisson alcoolisée, il rétorqua que les Russes ne sauraient exister sans boisson, qui est leur joie de vivre. Ne restant que les chrétiens, il envoya des délégués auprès des Églises romaine et byzantine pour lui rapporter des informations. Déçus des rites catholiques, ses délégués furent en revanche impressionnés par la liturgie dans l’église Sainte-Sophie de Constantinople, dont la force émotive élevait l’homme au Ciel. Avec le règne d’Ivan III (1462-1505), la Russie réalisa son unité autour d’une même religion et d’une même langue, toutes deux fondées sur l’idée d’une nation homogène. En se mariant avec Sophie Paléologue, nièce du dernier empereur byzantin, le souverain s’est affirmé comme l’héritier légitime de l’empire chrétien d’Orient. S’appropriant les symboles byzantins (l’aigle à deux têtes) et l’autorité de droit divin, le “tsar” imposa la doctrine théologique de la “troisième Rome”. Celle-ci devait promouvoir la foi orthodoxe, instaurée après la chute de la première Rome, où dominait la religion polythéiste grécoromaine, et de la seconde, affaiblie par la soumission de Byzance à la papauté lors du concile de Florence. Ainsi, la nation russe et l’orthodoxie se liaient d’une façon inaliénable, le tsar, représentant de Dieu sur terre, assurant à l’Église une protection suffisante pour qu’elle puisse accomplir son oeuvre spirituelle. Cette doctrine, qualifiée depuis Byzance de “césaro-papisme”, accorde une autorité de l’État sur l’Église; elle sera renforcée par les tsars suivants, Vassili III et Ivan le Terrible, sans pour autant être toujours acceptée par le clergé. Des controverses vont surgir autour des modifications successives des rites et des symboles (multiplication de saints par canonisation, procession dans le sens du soleil, signe de croix avec deux doigts, puis de nouveau avec trois...). En 1652, lorsque le patriarche Nikon, avec l’aide du tsar, voulut refonder la tradition byzantine, il suscita une réaction des Vieux-croyants, dirigés par le prêtre Avvakoum qui s’opposa à la fois à l’occidentalisation de la Russie et à l’ordre social et politique fondé sur le servage et l’arbitraire. Quand cette occidentalisation devint un but en soi avec Pierre le Grand, héritier de la nouvelle dynastie des Romanov, la division entre les nationalistes slavophiles et les progressistes pro-occidentaux s’affirma avec acuité, en bouleversant la culture russe. La nouvelle Russie réussit à concilier les progrès scientifiques et technologiques, les arts et la littérature avec la spiritualité orthodoxe. |


