L'orthodoxie - Les sacrements |
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Le Baptême (du grec baptizô = immerger) est accompli par trois immersions dans l’eau, qui symbolisent l’avènement d’un homme nouveau, libre du péché originel, tout comme le Christ ressuscite après trois jours d’ensevelissement après sa mort. En même temps que le baptême, le prêtre applique le sacrement chrismatique (la Confirmation) par l’onction, don du Saint-Esprit. Cette tradition à laquelle l’Église orthodoxe demeure fidèle a été remise en question par l’Église catholique, qui pratique l’aspersion ou l’infusion et qui depuis le Concile de Trente (1543-1563), ne confère la Confirmation qu’à l’âge de raison. En retardant le sacrement de Confirmation, l’Église catholique confère à la temporalité dans ce monde une rôle important, qui s’accorde à ce qui ressort également du rôle du Saint-Esprit dans le monde. Cette perspective peut être rapprochée de l’importance accordée par le catholicisme, d’une part, aux oeuvres, qui justifieraient le pardon des péchés grâce au surplus de mérites, et d’autre part, au Purgatoire où les âmes pécheresses demeurent un certain temps pour être purifiées. Pour l’orthodoxie, seul le repentir sincère et la soumission aux commandements de Dieu assurent l’espérance au salut, et aucune action médiatrice n’est reconnue entre la mort et le Jugement dernier, au moment où les justes et les pécheurs seront jugés selon leur mérites. Enfin, le sacrement de l’Eucharistie, qui commémore la Cène, et qui est pratiqué depuis les origines en utilisant le pain levé et le vin, par l’invocation (epiklèsis) du Saint-Esprit et en offrant la communion à partir du Calice, a été modifié par l’Église catholique, au XIe siècle. Celle-ci impose depuis le pain sans levain et n’offre au fidèle que l’hostie, réservant le Calice au prêtre, et en prononçant, sans invocation du Saint-Esprit les paroles du Christ : “Prenez, mangez, ceci est mon corps” et “buvez-en tous, car ceci est mon sang” (Matthieu 26, 26-28). Tous ces éléments montrent que la différence fondamentale entre Église catholique et Église orthodoxe réside dans une présence plus horizontale et temporelle de la spiritualité, pour la première, et dans une action plus verticale et intemporelle , pour la seconde. |


