La laïcité




 La laîcité est une des religions et convictions dans le monde
Nouvelle venue dans le paysage des convictions, la laïcité est un peu l’enfant terrible du monde des religions. Exigence politique, la laïcité est aussi une forme d’engagement et donc un chemin personnel. Anne Morelli et François Desmet dévoile un univers nuancé qui se nourrit de sa diversité.

La Laïcité - Historique

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Depuis l’Antiquité, des êtres humains ont douté de l’existence des dieux ou, pour le moins, de la forme que les religions leur donnaient. En Grèce, Xénophane ironisait déjà sur la forme humaine des dieux grecs et assurait que si les vaches s’étaient créé des dieux elles les auraient certainement imaginés sous forme de vaches ! Ainsi les dieux sont une invention des hommes et non les hommes une invention des dieux.

Lorsque les monothéismes se sont imposés, il est devenu de plus en plus risqué d’oser s’affirmer incroyant. Pendant le moyen âge et la renaissance, la moindre suspicion d’incroyance ou de « mal-croyance » mène au bûcher. Il y a des martyrs de la « mal-croyance », victimes des catholiques (Giordano Bruno) mais aussi victimes des musulmans, des orthodoxes ou des protestants (Michel Servet).

C’est au XVIIème siècle que se développe la critique des religions par la raison.
Pierre Bayle, qui est contraint de s’exiler de France aux Pays-Bas en passant par la Suisse, critique les intolérances religieuses et les croyances telles que l’enfer, et démolit les superstitions telles que l’astrologie. Ses ouvrages répandent le doute sur les principes de la religion.

Mais, à cette époque, il est encore très risqué d’être « libertin » (c’est ainsi qu’on désignait  les esprits critiques) et c’est parfois en lisant un testament, comme celui du curé Meslier (un prêtre athée), qu’on se rend compte que des personnes ont feint jusqu’à leur mort de croire, alors qu’en réalité elles étaient depuis longtemps devenues incroyantes.

Au XVIIème siècle, les libre-penseurs sont nombreux parmi les philosophes, et les athées (par exemple le fameux baron d’Holbach) sont moins discrets.

En Europe, les athées et les libre-penseurs sont devenus de plus en plus nombreux au cours des XIXème et XXème siècles. Ils ont été les moteurs des lois séparant les Etats et les religions, mais aussi de l’extension de l’enseignement et de l’émancipation des femmes que les religions avaient maintenues dans une situation d’infériorité.

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