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Le "bouddhisme" est un terme qui a été forgé en Occident. Il n'est pas utilisé dans les pays d'Asie d'où il est originaire. Il désigne le courant religieux, en réalité multiple car il contient des tendances très diverses, qui se définit par rapport à la figure centrale du "Bouddha", son fondateur présumé.
Siddharta (c'est son prénom) Gautama (c'est son nom) naquit au VIe s. avant J.C. en Inde du Nord. Il est aussi appelé Shakyamuni, "le sage du clan des Shakya", clan auquel appartenait son père. Pour fonder sa nouvelle religion, il reprit au brahmanisme (souvent appelé, à tort, hindouisme), la religion traditionnelle de l'Inde, ses idées principales, notamment celle de la transmigration des âmes: la vie est un cycle incessant de naissances et de morts ; tous les êtres vivants (pas seulement les hommes) renaissent après leur mort sous des formes avantageuses (homme) ou inférieures (animaux, démons), selon qu'ils se sont bien ou mal conduits dans leur vie. Il apporta toutefois de profondes modifications.
La plus importante de celles-ci est de nature sociale: au lieu de réserver la pratique religieuse à la caste la plus élevée, le bouddhisme ouvrit la spiritualité à chaque être humain.
Le pratiquant par excellence du bouddhisme est le moine ou la nonne. C'est pourquoi cette religion se fixa au sein de monastères, qui reçurent très tôt un patronage royal, et qui grandirent jusqu'à devenir de véritables villes de plus de 10.000 religieux. Le bouddhisme commença à se diffuser dès le IIe s. avant J.C. dans tous les pays voisins.
Au tournant de notre ère, les dissensions philosophiques entre moines amenèrent une scission en deux "véhicules" (ou moyens par lesquels la religion est mise en pratique). Ceux qui restaient fidèles au bouddhisme originel furent désignés par l'appellation de "petit véhicule": ils ne reconnaissaient que les textes attribués au Bouddha lui-même (les sutras), seul le Bouddha pouvait être vénéré, et enfin le pratiquant n'avait à travailler qu'à son propre éveil spirituel, et non pas à celui des autres.
Le bouddhisme du "grand véhicule" prônait quant à lui une interprétation plus large des enseignements du Bouddha, il permettait le culte à des divinités diverses, et il valorisait la compassion (pour arriver vraiment à l'éveil, il est aussi important de se consacrer pleinement aux autres).
Le bouddhisme du petit véhicule s'est propagé principalement vers le sud et le sud-est de l'Inde: au Sri Lanka, en Thaïlande, au Laos, en Birmanie (où il devint à chaque fois la religion d'Etat) et au Cambodge. Le bouddhisme du grand véhicule s'est transmis vers le nord et le nord-est: en Chine, au Vietnam, en Corée, au Japon, au Tibet et en Mongolie (il est devenu religion d'Etat dans ces deux derniers pays).
En Inde elle-même, le bouddhisme s'éteignit au XIIe s suite aux conquêtes musulmanes, ce qui fait qu'il ne survit plus aujourd'hui qu'en dehors de son pays d'origine. Les bouddhismes pratiqués dans chacun de ces pays sont très divers car la nouvelle religion était très tolérante. Elle s'est à chaque fois adaptée aux religions et aux coutumes locales antérieures. Au dépouillement extrême du bouddhisme japonais, par exemple, s'oppose le foisonnement d'images du bouddhisme tibétain.
Les premiers pas du bouddhisme en Occident remontent au XIXe siècle, mais il n'était à l'époque qu'une curiosité d'intellectuels. Il commença à s'implanter dans la population d'abord aux Etats-Unis dans les années soixante, puis en Europe dans les années septante.
Le bouddhisme japonais (zen), inaugura la marche, suivi de près par le bouddhisme vietnamien et enfin par le bouddhisme tibétain, devenu le plus populaire en France à l'heure actuelle. On estime à 360 millions le nombre de bouddhistes de par le monde aujourd'hui. Par delà leurs divergences, ils sont réunis par des points doctrinaux fondamentaux.
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