Le catholicisme




 Le catholicisme est l'une des religions et convictions dans le monde
Définir et comprendre le catholicisme au travers de quelques mots clés est une mission impossible…
Avec Eric de Beukelaer, théologien, porte-parole des évêques de Belgique, tout devient possible.

Le Catholicisme - Le dogme la balise de l'indicible - Interprétation du dogme

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 Voilà pour le statut du dogme. Qu’en est-il de son interprétation ?

Adhérer à un dogme, en dehors de toute vie d’Eglise est une chose aussi inappropriée que de manger un grain de poivre, séparé de tout aliment. Il y en a qui aiment ça, mais ils sont rares. La plupart diront que c’est peu digeste. Par contre, mettez du poivre sur un bon steak… De même, un dogme – balise et repère de la foi chrétienne – ne se comprend adéquatement qu’à travers un triple filtre.

Tout d’abord, un dogme se replace dans son contexte historique. Aujourd’hui, un profane ne comprend plus la formule christologique énoncée par le Concile de Chalcédoine (451), ou encore le terme médiéval de « transsubstantiation » utilisé pour parler de la présence eucharistique. Il s’agit donc de rechercher ce que voulaient dire ceux qui furent à l’origine de ces formulations dogmatiques, afin d’extraire le contenu de foi de son écrin socioculturel.

Ensuite, un dogme s’insère dans l’ensemble de la foi chrétienne. Parler de la naissance virginale du Christ – sans plus – donne à l’homme moderne l’impression qu’on lui raconte un beau conte de Noël. Par contre, resituer ce point de foi dans l’ensemble de la vision chrétienne, le met en perspective : Jésus n’est pas que le produit d’une généalogie d’hommes ; il est une création nouvelle au cœur de notre humanité.

Enfin, un dogme se traduit en langage d’aujourd’hui. Il doit être présenté de manière telle que les hommes à qui son enseignement s’adresse, en saisissent la teneur. Il n’est pas toujours aisé de redire avec d’autres mots le trésor de la foi chrétienne, sans quelque peu en trahir la richesse. Cependant, pour être compris par le commun des fidèles, il n’y a pas d’alternative. Mieux vaut un discours tâtonnant – voire maladroit – mais reçu des hommes, qu’un exposé intemporel que l’assistance écoutera avec le regard éteint d’une vache qui voit passer des trains.

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