Le judaïsme




 Le judaïsme est l'une des religions et convictions dans le monde
De la religion des hébreux à la religion juive, Thomas Gergely brosse un panorama de l’unité et de la complexité de la plus vieille religion monothéiste.

Le judaïsme - Les Fondements

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La religion juive se fonde sur la Torah et sur ses développements par le Talmud (commentaires). Au départ des religions monothéistes, le judaïsme professe un Dieu un et  unique, origine première de l’univers, donc indissociable, exclusif d’autres divinités, éternel et incorporel. Présent dans l’histoire, il apparaît aux juifs comme le Maître des destinées, quoiqu’il laisse aux hommes une nécessaire liberté de choix entre le bien et le mal, sinon la responsabilité morale n’existerait pas et la vie n’aurait pas de sens.

Le judaïsme est donc une orthopraxie (une pratique morale et comportementale droites), c’est-à-dire la quête horizontale de la relation juste avec son pareil, démarche qui, à son tour, établit la relation verticale, celle qui relie à Dieu.  La pratique du rapport juste au semblable nécessitant l’existence d’ici-bas, le judaïsme sanctifie la vie, considérée comme la valeur suprême à préserver, car, pour se réaliser, l’homme a besoin de son prochain.

Six cents treize préceptes bibliques tissent le réseau des commandements qui règlent la relation du juif à Dieu et aux hommes.  Ils ne s’imposent qu’à lui, les nations accédant, quant à elles, à la même qualité relationnelles aux autres par la pratique des sept lois naturelles, dites de Noé.(1)  Le judaïsme n’est donc pas prosélyte puisqu’il estime que seuls « sauvent » les actes justes, praticables par tous.  Il est, par conséquent, inutile de devenir juif puisque l’homme est jugé sur ses actions et non sur une foi.  Néanmoins, il est possible de se convertir au judaïsme.

Transmettre les conditions de réalisation d’un monde plus juste est la vocation religieuse d’Israël et le sens de son « appel », improprement appelé « élection ».

Des livres véhiculent cet enseignement :

1. La Torah d’abord, suivie dans la classification juive, par les Prophètes et les Hagiographes (Ecrits sacrés), ce qui forme la Bible ou  « Ancien Testament ».

2. Le Talmud ensuite, constitué, après 70, de la Mishna (« Seconde Loi » ou clarification des lois et usages de la Torah et de la Guémara (étude), compilation des discussions menées aux IVème et Vème s., sur la Mishna dans les académies de Babylone et d’Israël.

Les sept milles pages du Talmud, mentionnant les avis contradictoires de plus de deux mille rabbins, donnent à comprendre que le judaïsme fonctionne très peu via des dogmes, qu’il n’a quasi pas de credo (sauf le Shema Israël biblique : « Ecoute Israël, l’Eternel Dieu, l’Eternel est Un », affirmation du monothéisme) et, depuis la disparition de la prêtrise en 70, n’a ni clergé, ni autorité centrale pouvant imposer quelque croyance ou comportement que ce soit.  Bref, le judaïsme est à la fois produit, vécu et généré par ses propres fidèles.

Le rabbin (maître, docteur de la loi) n’est pas un prêtre, mais un laïc, un savant ordonné par une yéchiva (séminaire religieux), capable d’interpréter la Loi et de diriger la communauté qui l’a choisi. Il prie avec les fidèles mais pas à leur place et n’officie pas plus que n’importe quel autre homme, majeur, digne et capable.  Il ne prodigue aucun sacrement (notion inconnue du judaïsme) et n’agit pas en « agent autorisé de Dieu ».  Il est juste, – et c’est beaucoup -, un primus inter pares (un premier parmi ses égaux) qui peut enseigner, marier, prononcer des divorces, enterrer, etc.

(1) A savoir : (1) rendre justice ; (2) ne pas blasphémer, ni rendre de faux témoignage ; (3) rejeter l’idolâtrie ; (4) s’abstenir des délits sexuels ; (5) éviter le meurtre ; (6) ne pas voler ; (7) s’abstenir de toute cruauté.

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