Le judaïsme




 Le judaïsme est l'une des religions et convictions dans le monde
De la religion des hébreux à la religion juive, Thomas Gergely brosse un panorama de l’unité et de la complexité de la plus vieille religion monothéiste.

Le judaïsme - Historique - Les massacres

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Les massacres de Juifs européens commis par les Croisés (du XIème au XIIIème s.), achèveront de consommer la rupture entre la Synagogue et l’Eglise. Le monde musulman sera, globalement, moins intolérant à l’égard des Juifs, auxquels il réservera le statut de dhimmi, de protégés, soumis à des taxes spéciales et à des privations de droits, notamment en raison d’accusations infondées d’atteinte, par eux-mêmes, au texte de la Torah.

Toutefois, en chrétienté et en islam, les Juifs seront souvent marqués et relégués dans des ghettos et des mellah, secteurs isolés des villes, et empêchés d’exercer la plupart des métiers, tout comme de posséder la terre. En les tenant ainsi dans l’abaissement, l’Eglise, pour sa part, voulait exhiber le châtiment réservé à ces « déicides » et montrer combien coupable était le refus qu’ils opposaient à la messianité de Jésus.

L’exclusion, l’expulsion et les massacres constitueront le quotidien des Juifs jusqu’à la Révolution française qui, en 1789, les émancipera en leur accordant leurs droits de citoyens.  L’Europe mettra presqu’un siècle à suivre l’exemple, avec réticence, tant l’antijudaïsme religieux et ses préjugés demeuraient vivaces. Au point que, par réaction, éclatera en France, l’affaire Dreyfus (1894), alors qu’en 1882 déjà, l’Allemagne créait l’antisémitisme politique, théorie visant à abolir les acquis de l’émancipation juive.

Ces antisémitismes d’origine seront bientôt relayés par l’antisémitisme racial, celui que le nazisme hitlérien adoptera pour justifier son projet d’annihilation de tous les Juifs, considérés comme appartenant à une « race » supposée inférieure. Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis assassineront, dans des camps d’extermination, usines de mort, tel Auschwitz, en Pologne, six millions de Juifs européens sur treize, dont un million et demi d’enfants.

Acceptant désormais de prendre en considération la tragédie issue de deux mille années de persécutions et « d’enseignement du mépris » à l’égard des Juifs, les Nations Unies voteront, en 1947, un plan de partage de la Palestine créant un Etat juif et un Etat arabe. Les destinataires de ce dernier refuseront la situation ainsi créée.

L’Etat d’Israël, fondé sur le sionisme (doctrine juive de libération nationale, formulée vers 1897 par Théodore Herzl, un écrivain austro-hongrois), sera proclamé en 1948. Aussitôt s’ébranlera le cortège tragique des conflits israélo-arabes que nous connaissons actuellement.

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