Le protestantisme - Points Théologiques Fondamentaux |
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Au point de départ de la réformation protestante est la conviction que le « salut » vient de Dieu seul et non des « mérites » acquis. Le jeune Martin Luther (moine augustin à l’origine) est interpellé par ce texte de l’épître aux Romains : « Le juste vivra par la foi… » Rom. 1,17 Le texte de l’apôtre Paul cite ici le livre du prophète Habacuc (2,4). Ce verset était déjà utilisé dans le judaïsme, en tant qu’il résumait l’essentiel de toute la Loi. C’est aussi pour Luther le commencement de toute théologie chrétienne. La justice ne vient que « par la foi » et non par les œuvres. Ce message heurtait alors toute prédication des indulgences, par lesquelles les fidèles pouvaient « acheter » leur salut. Ce point peut nous paraître aujourd’hui étonnant, mais il a joué alors un rôle important. C’est d’ailleurs la source de l’énoncé classique, souvent repris, de la Réforme protestante : «Sola fide (= par la foi seule). Notons au passage que « foi » et « croyance » ne sont pas identiques. « Salut par la foi » ne signifie pas « salut par la croyance ». La confusion est fréquente dans l’usage habituel. D’autres sentences ont été souvent affirmées : «Soli Deo gloria » (à Dieu seul la gloire), autrement dit « A Dieu seul » : c'est-à-dire, non au saints, ni à la vierge Marie, ni au pape … ou encore : Sola Scriptura (= par l’Ecriture seule), c'est-à-dire ni par une tradition sacro-sainte (une ancienne tradition peut être une vieille erreur !), ni par un magistère souverain imposant une vérité dogmatique. Un principe a parfois été bien oublié. C’est celui selon lequel l’église réformée était appelée à se réformer continuellement (Ecclesia reformata semper reformanda). Il est vrai qu’aucune institution n’a jamais admis longtemps une sorte de révolution permanente ! Outre cela, cependant, Luther puis les réformés (calvinistes) mettront volontiers en avant le « sacerdoce universel » : Cela signifie que tous sont prêtres. Il n’y a donc pas d’intermédiaire entre Dieu et les hommes : pas de « prêtre ». Tout croyant (ou croyante) est également prêtre. Le pasteur est un « ministre » du culte –savant et conseiller, mais non détenteur d’un pouvoir particulier, ni d’une plus grande dignité aux yeux de Dieu. A partir de ces principes fondamentaux, les groupes protestants sont nombreux. Ils mettent un accent sur tel ou tel point particulier (Par exemple, les pratiques du baptême ou de la Cène… les seuls « sacrements » protestants). Ainsi, les différences sont parfois doctrinales, mais non toujours : elles sont parfois simplement liées à l’histoire régionale. Si l’Allemagne du nord et la Scandinavie sont surtout luthériennes, ce qui est resté de protestants en France (après bien des persécutions) est en majorité « réformé », de tradition calviniste. La polémique de l’époque raillait d’ailleurs cette « RPR » (Religion Prétendue Réformée). Il reste que le protestantisme de langue française a été (sauf en Suisse romande) longtemps combattu, voire persécuté. Cette situation passée a laissé des traces… Au contraire de ce qui s’est passé dans les pays de culture allemande ou anglaise, le protestantisme a été presque éradiqué des pays latins. Cependant, de nos jours, certains pays (surtout en Amérique latine) ont connu un grand développement de leur protestantisme. |


