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La vocation de missionnaire est déclenchée par un appel (call) de Dieu, un signe indiquant clairement la voie à suivre, en l’occurrence la mission. Cet appel s’impose littéralement aux croyants et les incite à repenser complètement leur existence. Parfois, il coïncide avec leur conversion.
L’étape suivante consiste généralement à adhérer à une société missionnaire. À la différence des catholiques plus ou moins vivement sollicités par leur hiérarchie, les candidats sont recrutés sur dossier. Ils sont évalués à la fois comme individus et comme unités familiales (conjoint et enfants). Le dossier de candidature inclut des lettres de recommandation de l’Église, des professeurs, des parents et des amis des candidats, ainsi qu’une déclaration de foi décrivant leurs croyances.
Dans de nombreuses sociétés missionnaires, le comité en charge de la sélection cherche les 4 « c » (call, charism, competence et compassion). Le charisme est un don personnel reçu par Dieu (le prêche, le conseil, l’enseignement, etc.), dont il est judicieux de tenir compte dans l’exercice de son ministère.
De plus, les candidats doivent avoir fait preuve d’excellence dans leur domaine d’activité, et pas seulement religieux : les missionnaires sont également formés en linguistique, en médecine (la plupart suivent des cours de médecine missionnaire) et en technique. Ils sont aussi titulaires d’un diplôme d’études théologiques dans une bible school. Enfin, la compassion implique de s’intéresser au mode de vie des populations à évangéliser et de mettre tout en œuvre pour l’améliorer.
Après l’examen concluant de leur dossier, les candidats subissent un examen sur des questions de foi et signent une convention (statement of faith), attestant de leur accord de principe avec la spiritualité de la société missionnaire. Ces sociétés rassemblant des membres d’Églises de tous bords, cet engagement garantit aux membres une certaine cohésion spirituelle.
Ils se voient ensuite proposer une fonction dans un pays déterminé, en accord avec leurs éventuelles préférences. Si nécessaire, ils complètent leur formation et suivent les cours préparatoires proposés par leur société missionnaire. Puis vient une période difficile, appelée « députation » ou « recherche de soutien ».
En effet, les candidats doivent réaliser eux-mêmes la collecte des fonds utilisés dans leur ministère. Les amis, parents et églises sollicités sont invités à fournir des informations détaillées à leur sujet et à se porter garants de leur sérieux. Et surtout, ils s’engagent par écrit envers la société missionnaire à apporter un soutien régulier aux candidats sous forme de correspondance, de prières et de dons de toute nature. Dans la lignée de la collaboration mutuelle des membres de l’Église, la famille et les amis sont leurs créanciers principaux.
Dans les foyers, les (anciens) missionnaires – qu’ils soient en poste n’a pas d’importance – prient à chaque repas pour des commissionnaires différents afin d’être sûrs de n’oublier personne. Il en résulte que sur le terrain, les missionnaires bénéficient en permanence du soutien actif et fidèle de dizaines de personnes, jusque dans la composition de leurs bagages. Quel que soit l’obstacle, ils peuvent toujours compter sur un support moral.
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