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Du grec evangelion qui signifie « bonne nouvelle », le terme « évangélique » fit son apparition dans la Réforme du XVIe siècle. Face à la libre interprétation catholique, il exprimait la nécessité pour les croyants de revenir aux Écritures. En anglais evangelical, membre d’une Église évangélique, le terme est à distinguer de l’évangéliste (evangelist), dont la tâche principale est l’évangélisation.
Chez les protestants anglo-américains, le mouvement évangélique connut son véritable essor lors des grands réveils (great awakening) des XVIIIe et XIXe siècles (1730-1740, 1820-1830, 1880-1900). Ces moments spontanés de prise de conscience collective, conduisant les fidèles à abandonner leurs activités pour prier, furent suivis de la fondation enthousiaste d’églises ; les principales sociétés missionnaires actuelles virent le jour à l’époque du troisième réveil.
Nombre d’Églises fondées dans ce cadre étaient des Free Churches, indépendantes du gouvernement, Community Churches, indépendantes de toute dénomination, ou plus généralement Independent Churches, à la recherche de la vérité et acceptant pour seules autorités la Bible et la parole de Dieu, dans le but d’éviter l’intervention de l’humanité dans les questions religieuses. De la seconde moitié du XIXe siècle, il subsiste également une forme d’imprégnation du mouvement évangélique par le zèle de l’Amérique conquérante, de nombreux colons étant évangéliques.
Au début du XXe siècle, le monde américain connut un courant de sécularisation, de déchristianisation, d’industrialisation et d’urbanisation. Face à cela, les Églises évangéliques réagirent par une orthodoxie stricte. En outre, les défenseurs de la mission étrangère américaine suggéraient que les missions étaient un antidote à l’ennui engendré par l’excès de biens matériels. Partout aux États-Unis, la nature rustique, le camping sauvage et l’artisanat furent mis à l’honneur, par opposition au luxe et aux valeurs « modernes » consuméristes.
Pendant la seconde moitié du XXe siècle, on assista au renouveau du thème du martyr, le missionnaire étant perçu comme un « martyr vivant », qui abandonne tout type de confort. Le développement de la mission protestante précipita l’activité missionnaire catholique. La vigueur et la force physique, corrélées par ce mépris du confort, facilitèrent l’adaptation des missionnaires au nouveau climat et s’associèrent aux vertus d’initiative, de courage et de confiance qui poussèrent en avant le « christianisme musclé » de l’Amérique du XXe siècle.
Il y aurait actuellement 64000 missionnaires protestants en poste, pour la plupart évangéliques. La Southern Baptist Convention (SBC, Missouri) soutient à elle seule 4946 missionnaires dans 153 pays, et administra 451000 baptêmes en dehors des États-Unis en 2000. Le protestantisme évangélique figure parmi les religions au développement le plus rapide, notamment en Chine et en Amérique Latine. Les missionnaires ne sont pas toujours les bienvenus, comme ceux de New Tribes Mission, convaincus de prosélytisme forcé et expulsés du Venezuela en octobre 2005.
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