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Le christianisme évangélique met avant tout l’accent sur la conversion : les dévots ne naissent pas dans la foi mais doivent faire un choix lors d’une puissante expérience personnelle de conversion. Les missionnaires en particulier prennent des risques, notamment celui de rester en marge de leur milieu familial par leurs choix spirituels et d’embrasser un métier qui correspond non pas à leurs aspirations, mais à ce qui servirait au mieux leur vocation de missionnaire.
Le choix est déterminant dans cet état d’esprit : accepter implique aussi de renoncer. Et comme l’issue de ce choix est Dieu, les Écritures sont l’unique référence et sont présentées comme source unique et universelle de réponse à toutes les questions.
Les évangéliques, dit chrétiens born again comme les pentecôtistes et les baptistes, présentent une certaine homogénéité de foi et de comportement, et rencontrent l’avis a priori favorable des autres évangéliques. Regroupés en une très vaste gamme d’Églises, ils partagent trois valeurs de base :
1) L’expérience de la foi active est fondamentale. La conversion se concrétise parfois par le baptême par immersion, qui, bien que moins essentiel que l’engagement intérieur avec Dieu, proclame publiquement la nouvelle naissance (rebirth) de celui qui fait son entrée dans l’Église. Le nouveau croyant est déclaré born again, en allusion au bouleversement de son existence consécutif à la conversion.
La première épître de Pierre rappelle à ses lecteurs dispersés sa reconnaissance à Dieu d’être rené des choses périssables. L’évangile de Jean (3:16) est une autre lecture-clé des Églises évangéliques. Couplée à l’observation du changement de vie chez les autres, l’expérience de la foi rallie de nombreux fidèles aux Églises évangéliques aujourd’hui.
Alors que les missionnaires catholiques des grandes dénominations déplorent la « crise des vocations » amorcée dans les années 1970, entre 2003 et 2005, on constate une augmentation de 5% des missionnaires américains et canadiens, pour la plupart évangéliques.
2) Les Écritures doivent être lues quotidiennement en pressant l’entourage de faire de même. Les Sola Scriptura (les « Écritures seules », articulées par Luther et Calvin), supposant le retour au texte sans interprétation, sont la pierre de touche de la croyance évangélique, l’accent étant mis sur leur sacralité.
Une caractéristique remarquable des croyants évangéliques est leur maîtrise des Écritures, utilisées comme un guide de comportement. En effet, ils emportent leur bible partout avec eux et la noircissent de notes personnelles, glanées pendant le culte et lors des cours organisés par l’Église. La traduction des Écritures en langue vernaculaire est l’acte missionnaire protestant par excellence ; les missionnaires rentrent généralement chez eux après l’accomplissement de cette tâche.
3) L’évangélisation, autrement dit le fait de communiquer la foi à ceux qui ne sont pas encore croyants, est la troisième valeur. Fondamentalement, tout croyant est un missionnaire potentiel. En vertu de la conviction que l’expérience de foi est potentiellement accessible à tous, les évangéliques insistent sur l’importance du prosélytisme.
À la fin du premier évangile (Matthieu 28:19-20), Jésus ressuscité encourage ses disciples à prêcher à toutes les nations : c’est le grand commandement. Cette formulation apparaît dans Marc, Luc et Jean, et au début des Actes des Apôtres (1:8) : « Vous serez des témoins dans le monde entier ». Le Livre des Révélations 5 et 7 indique que l’évangélisation concerne « chaque tribu, langue, vision et peuple ». Le salut est donc accessible à tous, pas seulement à un nombre limité d’élus.
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